Conférence de presse offerte par Felipe Pérez Roque, ministre cubain des Relations extérieures, à la presse nationale et étrangère au siège du ministère, le 22 mai 2008, " An L de la Révolution "

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Je vous ai convoqué pour sommer devant vous le président des Etats-Unis, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et l'administration étasunienne de répondre aux révélations que nous avons présentées à l'opinion publique au sujet des sombres relations existant entre le terrorisme anticubain de Miami, les diplomates étasuniens accrédités à La Havane et les groupes mercenaires des Etats-Unis agissant dans notre pays, de cesser d'éluder les questions qui flottent dans l'air et de répondre clairement. Je vous ai convoqué pour sommer une fois de plus le président, la secrétaire d'Etat et l'administration de répondre. Nous avons le droit de savoir. Vous-mêmes les journalistes, avez le droit, et l'opinion publique, notre peuple, le peuple étasunien ont le droit d'en savoir plus sur cette trame obscure pas encore tout à fait dévoilée, sur cette connexion incroyable à propos de laquelle nous avons donné de nombreuses informations ces jours-ci. Nous sommons le président des Etats-Unis, nous sommons la secrétaire d'Etat, nous sommons l'administration étasunienne de cesser d'éluder les choses, de cesser d'invoquer des prétextes, de cesser de garder le silence, de cesser de se cacher ; nous les sommons d'être francs et de répondre aux graves accusations que nous avons formulées. Et je vous ai convoqués aussi pour répondre à la comédie orchestrée ici par le président à la Maison-Blanche. Voilà donc trois jours que nous dénonçons les agissements scandaleux de fonctionnaires diplomatiques étasuniens accrédités à La Havane, en particulier du chef de la Section des intérêts des Etats-Unis (SINA), qui servent à faciliter les contacts entre le terroriste Santiago Alvarez [Fernández-Magriña] et des groupes mercenaires à Cuba et à passer de l'argent entre eux.
A ce jour, l'administration étasunienne n'a pas démenti ces dénonciations et a évité de répon-dre au sujet des agissements illégaux de ses fonctionnaires qui ont été pris la main dans le sac en train d'agir comme de vulgaires émissaires d'un terroriste actuellement emprisonné aux Etats-Unis. Voyons ce qu'a dit le porte-parole du dé-partement d'Etat, M. McCormack, quand on l'a interrogé sur ce point. On lui a posé une question directe : "Existe-t-il une politique qui prohibe aux diplomates étasuniens de servir de canal de remise d'argent liquide à ceux qui pourraient être des dissidents à Cuba ?" Question directe, donc : "Existe-t-il une politique qui prohibe ? " Réponse du porte-parole : "Je ne suis pas au courant des mécanismes et des réglementations dans ce domaine." Nouvelle question : "L'accusation des Cubains est que le chef de la Section des intérêts a remis de l'argent liquide provenant de groupes privés [on appelle groupe privé un groupe terroriste, violent, un homme incarcéré aux USA] étasuniens à l'opposition politique." On appelle opposition politique ce que nous avons vu ces jours-ci, des mercenaires se disputant entre eux pour de l'argent dont ils sont avides. Question claire, donc : "Les Cubains disent que le chef de la SINA est mêlé à tout ça." Réponse du porte-parole : "Je ne connais pas les spécifici-tés, je ne suis pas au courant des mécanis-mes."
Les journalistes insistent : "Mais est-ce que le chef de la SINA peut envoyer de l'argent ?" Réponse de McCormack : "Ecoutez, je ne peux pas, je ne suis pas ici pour parler des spécifi-cités de ce point ; je suis sûr que nous pourrons trouver un expert…" Alors, le journaliste lui dit : "Mais vous êtes là pour répondre aux questions que nous avons sur ce point." La réaction est logique : Si vous n'êtes pas venu pour répondre aux questions, alors qu'est-ce que vous êtes venu faire ? C'est donc avec des évasi-ves, sur un ton balbutiant, que le porte-parole officiel du département d'Etat a répondu sur ce point. Le spectacle était divertissant, croyez-moi. Alors, la presse a posé des questions au secré-taire d'Etat adjoint aux affaires américaines, M. Thomas Shanon, qui a répondu : "Les Etats-Unis ont une politique bien connue d'aide humanitaire au peuple cubain et ils poursuivront cette pratique et cette politique." Du pareil au même. Finalement, est-ce autorisé ou est-ce prohibé ? L'administration étasunienne appuie-t-elle ou condamne-t-elle ces agissements ?
Le sous-secrétaire d'Etat à l'Amérique latine recourt lui aussi à des formules évasives et à des clichés creux. Il n'est pas seulement évasif, il est aussi d'une brutalité cynique. Dire en effet que "les Etats-Unis ont une politique bien connue d'aide humanitaire au peuple cubain" quand on est le représentant d'une administration qui a durci à des niveaux schizophréniques la politique de blocus et d'agression contre le peuple cubain, qui tente de nous étouffer encore plus, de nous tuer de faim et de maladies, c'est un peu fort ! C'est la preuve d'un manque de scrupules absolu. En tout cas, il ne répond pas à la question concrète. Finalement, la SINA n'appa-raît pas au grand jour, mais publie un communi-qué en réponse, bien entendu, à des instructions de Washington. Que dit ce communiqué ? "Nous permettons à des organisations privées étasuniennes de le faire aussi." Pour nous, ce "le faire aussi " veut dire : comme l'a fait notre chef. Et le communiqué poursuit : "Cette aide ne se fait pas à des fins politiques: elle vise à satisfaire les besoins quotidiens des familles qui luttent pour survivre dans le système actuel." Personne donc n'a vraiment répondu à nos très graves accusations. Je le répète : ce sont là de très graves accusations auxquelles l'administration étasunienne doit répondre devant l'opinion publique. Il est par ailleurs vraiment cynique que l'administration qui, en vertu des lois et régle-mentations du blocus, prive les Cubains vivant aux USA du droit d'envoyer des fonds à leurs familles dans l'île, agisse pourtant, à travers ses agents diplomatiques, comme un intermédiaire de terroristes - ce que sont bel et bien Santiago Álvarez et ses complices - pour faire parvenir de l'argent, non à des familles, mais aux mercenaires dont la mission est de promouvoir la subversion à Cuba, de soutenir la politique de blocus et d'agressions contre notre pays ! Tout ceci n'a rien à voir avec une aide humanitaire : c'est de l'argent destiné à payer les services de mercenaires bien rétribués. Il est absolument cynique que les agents diplomatiques chargés de superviser la politique qui empêche les Cubains vivant aux USA d'envoyer des fonds à leurs familles dans l'île, donc une aide économique, servent de courriers, d'émissaires, de passeurs d'argent destiné aux groupes mercenaires. C'est vraiment là quelque chose d'insolite dans les annales des relations diplomatiques cubaines. A ce jour, l'administration étasunienne a été incapable de répondre à nos imputations. Je tiens donc à résumer une fois de plus les faits, et des faits très graves, que nous avons dénoncés ces trois jours-ci. Il y a dans cette affaire trois points clefs. Premièrement, la participation de diplomates de la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane à l'envoi d'argent d'un terroriste avéré, Santiago Álvarez, résidant aux USA et actuellement incarcéré là-bas, à des mercenaires de la politique de la Maison-Blanche à Cuba. Ils n'ont pas servi seulement de passeurs: le chef de la SINA a même servi de créancier, puisqu'il a prêté de l'argent aux mercenaires pour qu'ils puissent faire une activité donnée, dans l'attente de remboursement de la part de Santiago Álvarez !
Second point très grave: ces mercenaires à Cuba, en rétribution de l'argent reçu de Santiago Álva-rez à travers les diplomates étasuniens, en paiement, donc, de l'argent reçu, ont aidé celui-ci, prisonnier aux USA, au moment où il était jugé, à obtenir une réduction de la peine qui lui avait été infligée pour détention d'un arsenal d'armes destinées à des actions violentes contre Cuba. Ces mercenaires ont en effet fourni à ce terroriste des documents, envoyés depuis La Havane, qui lui ont permis de se présenter devant le juge comme un bienfaiteur de la cause des droits de l'homme à Cuba, de se présenter comme quelqu'un qui "appuie les groupes qui luttent à Cuba pour les droits de l'homme", et non comme ce qu'il est: un terroriste. Ces témoignages lui ont effectivement permis d'obtenir une réduction de sa peine! Ainsi donc, nous sommes devant le cas de figure suivant: des Cubains mercenaires vivant à Cuba ont fourni à travers la SINA des documents qui ont joué un rôle dans un procès engagé contre un terroriste accusé de détenir un arsenal destiné à des actions contre Cuba et qui ont facilité la ré-duction de sa peine. Un fait extrêmement grave. Il vaut la peine d'insister sur deux documents pré-sentés cette semaine. Le premier est un message de Mme Carmen Machado, étroite collaboratrice du terroriste Santiago Álvarez, à Mme Martha Beatriz Roque : "Je voudrais te demander une grande faveur. Si tu ne peux pas, ce n'est pas grave et ne te tracasse pas, parce que l'Ami [Santiago Álvarez] le comprendra. J'ai besoin d'une lettre signée de toi où tu parles de la relation que nous avons eue avec la fondation Rescate Jurídica et dont tu savais quel était le collaborateur principal, Santiago Alvarez. / La lettre serait adressée au juge James Cohn [le juge chargé du procès]. C'est ce juge qui aura le dernier mot en ce qui concerne les années qu'on va infliger à notre Ami et qui peut la ré-duire à ce qu'on lui a promis." [On avait en effet promis à Santiago Álvarez de lui réduire les an-nées de condamnation prévues, raison pour laquelle il fallait remettre au juge une lettre disant qu'il aidait ici, à Cuba, les groupes mercenaires qui luttent, selon l'administration étasunienne, pour les droits de l'homme.] "Cette lettre serait vue uniquement par nos avocats et par le juge Cohn." Le ministère public, qui représente l'Etat, ne verrait donc pas cette lettre. Je résume: des mercenaires cubaines rédigent une lettre pour contribuer à réduire la condamnation d'un accusé. Ils reçoivent dans ce but l'aide de la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane et ils conspirent contre le ministère public qui représente l'Etat afin qu'il ne connaisse pas cette lettre qui ne pourra être lue que par le juge et les avocats défenseurs du terroriste. "L'aide que nous t'avons fournie à toi et aux autres proches de prisonniers politiques (Biscet) et à ceux qu'il nous reste encore à aider donnerait de la légitimité à son procès. S'il te plaît, si tu pouvais, je t'en remercierai infiniment " Voilà donc la demande. Et Mme Roque et d'autres mercenaires à Cuba rédigent la lettre et l'envoient. Maintenant, une lettre où Martha Roque dit à cette même dame: "Je dois te dire qu'il y a un grave problème avec le document que je vous ai fait et que je t'ai en-voyé au sujet de l'argent reçu… [l'argent de qui ? De Santiago Álvarez] car l'original avec ma signature, la jeune fille du Centre Roosevelt l'a perdu [c'est un centre de la SINA] et, comme tu peux l'imaginer, si elle travaille à la Section des intérêts, elle travaille pour la sécurité de l'Etat." [Je ne sais pourquoi elle fait cette association et accuse la jeune femme qui travaille au Centre Roosevelt.] "J'en ai informé Michael Parmly, et ils ont dit qu'ils allaient voir ce qu'ils pourraient faire.

"[Autrement dit, pour retrouver cet original perdu. La copie existe, mais plus l'original.] " C'est un grave problème, car la Sécurité va sûrement ressortir l'original à une table ronde télévisée ou dans un livre… Je voulais que tu le saches et que tu le dises à mon ami dont je suis fière moi aussi. "Parce qu'il lui avait fait dire qu'il était fier de voir comment elle se battait pour qu'on lui ré-duise sa peine. Je tiens à souligner la gravité de ce fait: des diplomates étasuniens conspirent à La Havane avec des mercenaires au service des Etats-Unis ici à Cuba afin de favoriser, de concert avec un juge de la Floride et les avocats de la défense, la réduction de la peine du terroriste Santiago Álvarez, en rédigeant un document envoyé à travers les mécanismes de la correspondance de la SINA. Je crois donc que l'administration étasunienne doit répondre au sujet de ce nouvel axe: terroristes d'origine cubaine de Miami/diplomates étasuniens/groupes mercenaires de Cuba au service des USA, de ce nouvel axe à travers lequel on fait passer de l'argent, on conspire contre la justice et on travaille à fomenter la subversion à Cuba. Voilà donc le second élément dont je parlais. Cuba espère par conséquent que l'administration étasunienne pro-cédera à une enquête exhaustive de ce fait grave et qu'elle en divulguera les résultats. Nous avons le droit de savoir. Un troisième élément a été révélé cette semaine. Le premier point, je le rappelle, est que des diplomates étasuniennes servent de passeurs d'argent entre groupes terroristes et mercenaires à Cuba; le second, que ces mêmes acteurs conspirent pour aider à réduire la condamnation d'un terroriste incarcéré. Le troi-sième point est que la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane stimule, finance, organise, dirige et supervise en détail ces mercenaires, ce qui est absolument illégal. En détail, oui. Rappelez-vous l'exclamation de Mme Roque : "La CNN ? Ouah !" Elle va jusqu'à définir la couverture médiatique, dire ce qui se fait… La SINA supervise, dirige, finance, organise la réali-sation d'activités provocatrices des mercenaires à Cuba pour déstabiliser notre pays. Ce sont là trois éléments très graves dans lesquels le personnel diplomatique étasunien est impliqué. Les révélations de ces trois derniers jours ont prouvé aussi irréfutablement la nature mercenaire de ces groupes soi-disant dissidents, leur caractère supplétif, la façon dont ils reçoivent des instructions et de l'argent non plus seulement de l'administration étasunienne, mais même de groupes terroristes et de quiconque est prêt à leur donner de l'argent. Je tiens à souligner que ces faits violent les lois cubaines, violent les lois étasuniennes et violent des conventions et des normes du droit international. Que se passerait-il
si Mme Martha Beatriz Roque et les mercenaires dont on a parlé ces jours-ci vivaient aux USA et étaient accusés de toucher de l'argent d'un groupe terroriste agissant contre ce pays à travers des diplomates de Cuba ou d'un autre pays ? Que se serait-il passé si on les avait jugés aux USA pour recevoir de l'argent de groupes terroristes agissant contre ce pays? Que prévoit la loi étasunienne? Qu'a dit le président Bush? "Quiconque encourage un terroriste, quiconque hé-berge un terroriste se convertit lui-même en un terroriste." N'est-ce pas ça qu'il a dit? Nous demandons donc aujourd'hui : qu'est-ce que l'administration étasunienne sait de tout cette trame? Que sait la secrétaire d'Etat? Qu'a-t-elle à dire? Est-elle au courant que ses diplomates agissent ainsi à La Havane? Et maintenant qu'elle le sait, qu'en pense-t-elle? Trouve-t-elle normal que ses diplomates servent de passeurs? Soutient-elle M. Parmly dans ses activités de passeur et d'émis-saire d'argent allant de groupes terroristes aux USA aux groupes mercenaires à Cuba? Qu'ont-ils à dire, tous? Que dit le gouvernement des Etats-Unis? Qu'il dise quelque chose. S'oppose-t-il à ces actes, les condamne-t-il, ou alors les protège-t-il, les soutient-il? Que dit le gouvernement des Etats-Unis? Quelles enquêtes a-t-il menées? Qu'a-t-il à dire sur ce nouvel axe de connexions entre groupes terroristes, diplomates etasuniens et groupes mercenaires? Nous le sommons de ne plus employer ce ton évasif, balbutiant, et de se colleter sérieusement avec des faits dont la gravité ne saurait être ni diminuée ni dissimulée. Tel est le cœur de notre sommation.

L'administration étasunienne doit parler, doit dire si elle d'accord ou alors si elle ouvrira une investigation au sujet de ces faits qui sont des infractions violant les lois étasuniennes et cubaines, et le droit international. Les agissements illégaux de la SINA violent tout d'abord l'accord bilatéral signé le 30 mai 1977 entre les gouvernements cubain et étasunien et ayant donné naissance aux sections des intérêts respectives. Selon cet accord, les Sections des intérêts ont été créées pour "faciliter les communications entre les deux pays" et pour "réaliser des fonctions diplomatiques et consulaires de routine", en vue de quoi les deux gouvernements " nt réaffirmé leur attachement aux clauses des traités internationaux régissant les relations diplomatiques et consulaires". Que dit la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, ledocument clef en l'occurrence? "1. Les fonctions d'une mission diplomatique consistent notamment à: a) Représenter l'Etat accréditant auprès de l'Etat accréditaire; b) Protéger dans l'Etat accréditaire les intérêts de l'Etat accrédi-tant et de ses ressortissants, dans les limites admises par le droit international; c) Négocier avec le gouvernement de l'Etat accréditaire; […] e) Promouvoir des relations amicales et développer les relations économiques, culturelles et scientifiques entre l'Etat accréditant et l'Etat accréditaire." Tel est le texte de la Convention. La Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane est rattachée à l'ambassade de Suisse. Ces agissements sont donc aussi un violation et une offense envers la diplomatie suisse qui a accepté de représenter ces intérêts à Cuba et les nôtres aux USA, ce qui la met elle aussi dans une situation extrêmement embarrassante.

Telles sont donc les fonctions d'une mission diplomatique. Aux termes de cette Convention, il n'est prévu à aucun moment que ses fonctions soient de financer des groupes politiques d'opposition au gouvernement devant lequel elle est accréditée, de leur prêter de l'argent, de leur servir de courrier, de les diriger et de les organiser. Tout ceci constitue une violation de la Convention. Par ailleurs, à son article 41, la Convention de Vienne stipule : "1.Sans préjudice de leurs privilèges et immunités, toutes les personnes qui bénéficient de ces privilèges et immunités ont le devoir de respecter les lois et règlements de l'Etat accréditaire. Elles ont également le devoir de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures de cet Etat. […] 3.Les locaux de la mission ne seront pas utilisés d'une manière incompatible avec les fonctions de la mission…" Ainsi donc, convertir la SINA et ses installations en l'état-major et en un centre de congrès pour que les groupes mercenaires y fassent des activités et y conspirent est une violation totale de la Convention de Vienne. Et l'administration étasunienne le sait. D'où notre sommation. Parce qu'elle ne permet pas qu'une mission diplomatique accréditée aux USA agisse de la sorte. Nous la sommons donc de répondre, de cesser de se cacher, de prendre ses responsabili-tés et d'expliquer à l'opinion publique ce qu'elle a à dire sur ces faits graves et largement prouvés. Qui plus est, hier même, la SINA, au beau milieu de cette situation, a orchestré une nouvelle provocation contre Cuba et a organisé une réunion chez l'un de ses fonctionnaires, 7e avenue et 24e rue, à Miramar. Cette villa, je l'ai dit, a été transformée en une sorte de centre des congrès mis à la disposition de la contre-révolution et des groupes mercenaires des Etats-Unis. La SINA a donc organisé un show avec tous ces gens-là, dont une partie a été totalement démasquée ces jours-ci, rien moins que pour écouter le discours du président Bush. Et ce, en plein dans cette situation, comme si tout le reste - discuté et prouvé - importait peu ! Et ces gens-là sont allés écouter et applaudir de manière délirante le président des USA. Certains ont même dit combien ils s'étaient sentis émus de voir le président à la télévision, combien ça avait été enrichissant pour eux… Leurs déclarations donnent une bonne idée de la mentalité de supplétifs de certains de ces gens-là ! Tout ceci leur paraissait très bien. Quant au discours de Bush et à ce spectacle de la Maison-Blanche, je dois dire que c'était un spectacle décadent, un discours sans la moindre importance et cynique, un geste de propagande ridicule et de mauvais goût. Voilà ce que j'ai à dire à ce sujet. En fait, Bush est un président usé, un président sur le départ, en train de faire ses valises pour rejoindre son ranch texan, un politicien discrédité, rejeté par la majorité écrasante de ses concitoyens. Le président Bush est encore moins populaire que ne l'était le président Nixon au beau milieu du scandale de Watergate quand il était sur le point de démissionner. Bref, un vrai record d'impopularité. Quelqu'un que les gens fuient. Voilà ce qu'est ce président aujourd'hui. Un président au bord de la retraite après avoir ordonné des invasions illégales, l'assassinat de centaines de milliers de civils, les tortures, les vols illégaux, l'enlèvement de personnes, le pré-sident qui a défendu la torture en public. Bref, quelqu'un qui a mené une politique mise uniquement au service de ses petits copains, des intérêts puissants du pétrole et d'une partie des groupes de pouvoir étasuniens. Voilà l'homme qui part. Quel est son héritage? Hier, nous avons eu droit au même spectacle de toujours devant le même auditoire de toujours, l'un des rares groupes aux USA qui continuent encore de l'applaudir, les secteurs de la mafia de Miami, qui sont une minorité dans la communauté cubaine aux Etats-Unis. Comme ce président n'a rien d'autre à faire, eh bien il monte ce spectacle auquel personne ne fait attention. La campagne électo-rale se déroule sans lui, parce que les candidats le fuient. S'il vient sur ce trottoir-ci, les candidats républicains prennent celui d'en face. Personne ne veut rien savoir de lui, parce que son contact porte préjudice. Voilà devant qui nous nous trouvons, un type insignifiant, que tout le monde regarde mi-amusé mi-écoeuré. Et ce type-là se plante devant Cuba, la menace, bafouille quatre phrases incohérentes, dont il tente de dire trois en espagnol. Oui, un spectacle médiocre, décadent., Je tiens en tout cas à souligner un point: le président Bush, au milieu de cette mé-diocre farce, a osé placer un chanteur de Miami à la hauteur de José Martí, rendre hommage à un chanteur de Miami en affirmant qu'il était à la hauteur de notre Héros national! Oser faire ça à Washington, deux jours après l'anniversaire de la mort de José Martí au champ d'honneur, c'est offenser gravement la dignité du peuple cubain au nom duquel nous condamnons ce geste. Le peuple cubain n'oubliera jamais une telle offense.

$Voilà ce que j'avais à dire au sujet de notre réaction à ces événements et à l'apparition publique, hier, du président étasunien.





lundi 16 juin 2008

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