Afrique du Sud: les marchés attendent avec nervosité la politique de Zuma

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Les marchés financiers attendent avec une certaine nervosité des précisions sur la politique économique que compte impul-ser Jacob Zuma, élu mardi à la présidence du parti au pouvoir en Afrique du Sud avec le soutien d'alliés de gauche.

Par AFP

L'ancien vice-président du pays, li-mogé en 2005 après la condamnation pour corruption de son conseiller économique, a ravi la tête du puissant Congrès national africain (ANC) au chef de l'Etat Thabo Mbeki, réputé proche des milieux d'affaires et tenant d'une économie libérale.

Aidé entre autres, par la puissante confédération syndicale Cosatu et les communistes, il se trouve désormais en pole position pour décrocher la présidence du pays lors des élections générales de 2009.

Avant même le résultat du vote des délégués de l'ANC, Dawie Roodt, éco-nomiste en chef pour le groupe d'investissement Efficient, relevait que "les marchés étaient un peu nerveux".

Lui-même admet son inquiétude: "Je ne sais pas ce que Zuma repré-sente. Je ne connais pas ses convictions économiques, parce qu'il n'a jamais rien dit. Mais il doit beaucoup au Cosatu et je sais ce que défend le Cosatu et je n'aime pas ça."

Pour autant, il assure que "la ner-vosité n'était pas trop grande", notant qu'aucun des investisseurs étrangers avec lesquels il travaille n'est "prêt à quitter l'Afrique du Sud".

"Les marchés vont progressivement intégrer le fait que Zuma sera probablement le prochain président d'Afrique du Sud, mais aussi qu'il peut être inculpé dans les prochains mois", souligne pour sa part Mike Schussler, économiste pour la société d'investissement T-Sec.

Du coup, pense-t-il "les marchés vont observer les politiques éco-nomiques et l'individu" et ne réa-giront qu'en cas de changement.

"Si les politiques économiques glissent d'un pas vers la gauche, la réponse des marchés sera raisonnablement négative et dé-bouchera sur un rand un peu plus faible et des taux d'intérêt plus élevés," prédit-il.

Saki Macozama, haut responsable de l'ANC et homme d'affaires, est beaucoup plus pessimiste. Cette semaine, dans un entretien au Financial Times, il a attaqué l'entourage et les partisans de Zuma: "Si certaines des choses qu'ils prônent sont mises en place, on se trouvera dans une situation désastreuse", at-il jugé.

Il espère que la nouvelle équipe saura conserver les technocrates qui ont permis une croissance économique soutenue en Afrique du Sud ces der-nières années, notamment le ministre des Finances, Trevor Manuel. "Sans quoi, les marchés seront livides", at-il assuré.

Zuma a toujours prêté une oreille attentive aux problèmes des plus pauvres, se faisant l'écho de leurs diffi-cultés et critiquant les inégalités de revenus, le chômage de masse ainsi que le mauvais état des services publics.

Pour autant, Roodt n'attend pas de changements majeurs dans la conduite des affaires du pays parce que "l'économie sud-africaine est très petite et très intégrée au reste du monde".

En écho, Mike Schussler estime qu'il faudrait un "miracle" pour que Zuma tienne ses promesses, la dépendance de l'Afrique du Sud envers les capitaux étrangers ne lui laissant "qu'une marge de manoeuvre politique très réduite".

Quant au problème du chômage, es-timé à environ 40%, il ne pourra pas être résolu rapidement parce qu'il est en partie dû au manque de qualifications des Sud-Africains, explique l'éco-nomiste.

"Dans les marchés en développe-ment, 9,2% de la population a au moins un diplôme. En Afrique du Sud, ils ne sont que 3%. M. Zuma ne peut pas résoudre ce problème autrement qu'en améliorant le sys-tème scolaire."

Et d'ajouter: "Ses partisans espèrent vraiment un miracle."

Ouestaf News19 Décembre 2007

mardi 25 décembre 2007

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