SENEGAL : A qui le tour demain?

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La récente arrestation du directeur de publication du journal le Courrier Pape Amadou Gaye a levé un coin du voile sur l'état des relations entre gens d'une même corporation. Alors que l'on avait pas fini de tirer à boulets rouges sur le dédain affiché par les journalistes suite à l'incarcération de Moussa Gueye et Pape Moussa Doucar de l'exclusif, voilà que l'enlèvement de Pape Gaye vient corser l'addition. On serait même appelé à se demander si vraiment il existe des associations de journalistes au Sénégal ? Si, les journalistes n'ont pas le droit de se faire défendre par les organisations des droits de l'homme ? Si, dans la catégorie des journalistes, il y'en a qui méritent le soutien de leurs confrères et d'autres qui ne sont bons que pour la casse ? Si… ? Si… ? Si… ? Autant de " si " qui laissent apparaître le trou béant de la désolidarisation corpora-tiste des journalistes. Car à mon avis, même si certains pensent que ces confrères ont violé certaines règles de la corporation, ils devraient être d'abord soutenus et après être appelés au tribunal des pairs, le seul habilité à juger des violations des règles de la corporation. Mais au lieu de cela, c'est un silence de ca-thédrale. Pourtant ces confrères qui aujourd'hui sont laissés à leur propre sort dans les geôles du M…, ont été les premiers à battre le macadam lors de l'emprisonnement de Madiambal Diagne, à répondre présents au moment de la fermeture de Sud FM et en bien d'autres occasions où la liberté de presse était menacée. Ils ne l'avaient pas fait pour espérer un retour d'ascenseur, mais juste pour défendre le sacro-saint principe de la liberté d'expression. Un principe qui, aujourd'hui devrait pousser tous les agitateurs de la république à réclamer leur libération. Mais en lieu et place, c'est le mutisme des organisations comme la Rencontre africaine de défense des droits de l'homme (RADDHO), de l'Union des journalistes du Sénégal (UJS), de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) et du Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (SYNPICS). Des organisations qui se signalaient par leur promptitude à balancer des communi-qués pour dénoncer certaines situations. Mais pour ces cas précis, c'est un silence radio sur toute la ligne. Comme si toutes les fréquences avaient été parasitées. Une attitude dangereuse. Car elle traduit une certaine frilosité de la presse qui aujourd'hui prête le flanc. Après les journaux dits de mœurs hier, Pape Moussa Doucar, Moussa Gueye et Pape Amadou Gaye aujourd'hui, à qui le tour demain ? En espérant qu'on ne vienne pas demander aux gens de manifester et que la même attitude sera adoptée. Une attitude qui signifie la mise à mort de la presse sénégalaise.

Souleymane KANE Journaliste sportif

dimanche 25 novembre 2007

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