LA POLITIQUE DES ARTS AU NIGER

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L'échec des plans de développement socio-économique de l'Afrique durant les premières décennies de l'indépendance, du fait de la non prise en compte de la dimension culturelle, a incité les Etats africains et leurs peuples, sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture ( UNESCO ), à faire de la question culturelle un sujet majeur. En effet, la culture apparaît comme le socle fondamental sur lequel doit se baser tout développement. C'est ainsi que l'UNESCO définit la culture comme étant " l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérise une société ou un groupe social ".
Selon l'UNESCO, outre les Arts et les lettres, " la culture englobe les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et croyances ". Cette défi-nition, même si elle est générale, n'exclut pourtant une floraison de définitions souvent relatives, car chaque peuple, chaque so-ciété a ses us et coutumes qui constituent son patrimoine authentique ; ceux-ci contribuent à définir l'image de cette société et celle des individus qui la composent. Cette identité est sans doute le moyen par lequel elle peut observer son avenir, et partant, bâtir son développement suivant ses souhaits, ses goûts et les exigences de son temps.
Le document relatif au séminaire de Tillabéry définit la culture comme "l'ensemble des pratiques productives, valeurs sociales, actions, comportements, attitudes et schémas idéologiques en même temps que l'ensemble des réalisations et institutions sociales par lesquelles un peuple donné assure son existence, organise sa vie et témoigne de son identité" composante essentielle de la culture, les activités artistiques, regroupent les arts du spectacle à savoir : le folklore, la mise en scène, les arts visuels, arts vestimentaires, arts capillaires, arts corrosifs, arts plastiques, arts figuratifs, sculpture, peinture, céramique, poterie, statuaire, sous toutes leurs formes, enfin les activités artistiques de l'artisanat populaire et utilitaire et celle des réadaptations modernisées. Face à cette pléthore d'activités, on est tenté de se poser la question suivante : mais qu'est-ce donc l'Art ? Le petit Larousse définit l'Art comme étant " l'expression désintéressée et idéale du beau, l'ensemble des activités humaines créatrices qui traduisent cette expression, l'ensemble des œuvres artistiques d'un pays, d'une époque ". L'Art, c'est aussi " l'expression d'un sentiment à travers une œuvre d'art ". L'Art d'un peuple est donc indissociable de ses structures de types économique et politique. Si la culture est un levier économique suivant, en quoi les arts peuvent -ils, en s'organisant, participer au rayonnement et au rééquilibrage des échanges cultures Nord-Sud ? Bien que des actions assez significatives aient été réalisées dans ce sens, force est de constater qu'elles n'ont jamais été soutenues par une approche globale, cohérente et permanente. Aujourd'hui, la néces-sité d'asseoir une politique cohérente et efficace dans le domaine des arts s'impose.
Voyons à présent les différents points autour desquels pourrait s'articuler une telle politique. Aujourd'hui il faut avoir le courage d'avouer que l'action de l'Etat Nigérien dans le cadre de la mise en place des structures a été lente. En effet, il a fallu attendre les années 1975 pour que la culture ait en commun, avec la jeunesse et les sports, un Secrétariat d'Etat à la présidence de la République. Un an après ce Secrétariat d'Etat a été trans-formé en Ministère de la Jeunesse des sports et de la culture par décret n° 76-24/PCMS/C du 21 février 1976. Mais avant cette date, la culture était diffuse et confondue à la jeunesse et à l'éducation populaire, elle était également à la remorque de divers ministères.
Il est aussi bon de rappeler que pendant les quinze années du régime de la première République, c'était un petit bureau, puis un service rattaché à la Direction Nationale de la Jeunesse et des Sports qui avait en charge les affaires culturelles.
Créées en 1972, les Inspections départementales de la Jeunesse et des Sports, faute de moyens de fonctionnement, n'avaient exercé qu'un rôle administratif en prenant le relais des maisons des jeunes et de la culture. Il faudra attendre les années 1986, avec le rattachement de la culture au Ministère de la Communication, pour que la Direction Nationale de la Culture mette en place des services départementaux, communaux et d'arrondissements char-gés des affaires culturelles, et ce, en vue de pallier le divorce d'avec les services départementaux de la jeunesse. Avec le retour de la culture au Ministère de la Jeunesse et des Sports en 1990, ces services ont été réintégrés au sein des structures des Directions départementales de la jeunesse, des sports et de la culture.
En 1996, les affaires culturelles ont été de nouveau rattachées au Ministère de la communication. En 1998, dans le souci de renforcer sur le terrain les actions de la Direction Nationale de la culture et surtout dans le cadre de la déconcentration des service centraux, les autorités concernées ont érigé les services dé-partementaux de la culture en directions régionales de la culture. A la tête de chaque direction se trouve un responsable nommé par arrêté du Ministre de la communication et de la culture et qui cumule les fonctions de Directeur de la Maison de la culture. Par ailleurs, les Directions Régionales de la culture n'ont pas de bâtiments qui leur soient propres. Elles ont abrité ceux des maisons de la culture des chefs-lieux de régions alors que depuis 1985, ces locaux ont été transférés par décret n°85-126/PCMS du 19 septembre 1985 au domaine public des communes. Si ces directions ont eu le mérite d'exister, il n'en est pas de même au niveau des arrondissements où les affaires culturelles étaient rattachées à la jeunesse tout simplement parce que gérées par un service d'arrondissement à la tête duquel se trouve générale-ment un cadre de la jeunesse.
Mais avec l'avènement de la 5ème République et surtout les remaniements ministériels qui s'en sont suivis, ces Directions Ré-gionales des Sports et de la culture ont été encore fondues pour redevenir finalement des divisions régionales de la culture. Voilà donc une situation qui n'est pas de nature à favoriser le dévelop-pement de la culture. A l'analyse de ce qui précède, on relève aisément que le domaine de l'action culturelle en général et celui des arts en particulier manquent de protection suffisante.
MOUMOUNI DJIBO

samedi 20 janvier 2007

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