Entretien avec Malam Saguirou, jeune cinéaste

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Le cinéma nigérien commence à redorer son blason dans le monde du cinéma africain. Il commence aussi à s’imposer à la première place au Niger. Pourtant, on l’appelle le 7ème.
Pour vous informer sur le renouveau du cinéma nigérien, nous avons rencontré pour vous Monsieur Saguirou Malam. L’un des jeunes cinéastes nigériens confirmés. Il est producteur, réalisateur et président de l’association des jeunes cinéastes du Niger dénommée Focus.


Pouvez-vous, plus amplement, vous présenter à nos lecteurs ?Mon nom en version complète est Malam Ibrahim Malam Mahaman Mahaman Saguirou et en version simple je signe mes films avec Malam Saguirou.
Je suis un apprenti cinéaste qui, le hasard des choses à emmener au cinéma. J’avais quitté mon Zinder natal pour Niamey dans le but de faire des études de droit à l’université de Niamey voilà un peu plus d’une décennie déjà. Il vous souviendra qu’en février 2001 il y avait une manifestation estudiantine violement réprimée par les forces de l’ordre et violement contrée par les étudiants. La suite on la connait, un gendarme hélas décédé, des camarades blessés d’autres arrêtés et emprisonnés le campus et les facultés fermés des mois durant. Je me suis découverts dans ces moments d’errance, dans la ville de Niamey, une passion pour une sorte d’écriture dont les textes me renvoient des images. C’est dans ces moments que j’ai commencé le cinéma avec un premier stage organisé par l’association contrechamps fin 2001 à l’IFTIC. J’ai eu la chance par la suite d’être proposer par Jean Louis Saporito à Jean Marie Barbe qui venait de monter AFRICADOC à Dakar au Sénégal. Ainsi j’ai écrit mon premier scénario de documentaire, LE CHASSEUR DU VENT. De retour au Niger, Moussa Tchangari et Saidou Arji d’Alternative espace citoyen me proposent une production et nous avons débuté par un magnifique moment de tournage à Zinder avec Salissou Rabé et une stagiaire d’Alternative Canada qui s’appelle Meena Murugesan. Faute des moyens pour finaliser le film couplé à l’impatience du jeune réalisateur que j’étais, nous nous séparâmes tout en gardant des rapports très cordiaux. C’est en ce moment que j’ai connu Inoussa Ousseini qui m’avait aussi appuyé en ce moment de solitude cinématographique. Il faut dire que des jeunes cinéastes en ce moment il n’y avait pas beaucoup. Nous avons alors concrétisé la création de la société LES FILMS DU KUTUS qu’Inoussa Ousseini avait déjà fait les textes sans leur donner une forme légale que j’ai finalement faite auprès du notaire. Inoussa n’étant pas là, je suis devenu gérant de la boite pour un temps avant de créer ma société DANAGARAMA SARL en mars 2007. Il faut comprendre que cette démarche est ponctuée de formations et de réalisations des films en Afrique comme en Europe.

Vous êtes dans le cinéma depuis combien d’années ?Alors quand je vous parle de mes premières expériences en 2001 le compte est vite fait. Cela fait une dizaine d’année que j’essaye de faire du cinéma

Le cinéma représente quoi pour vous ? Un passe-temps ? Un gagne pain ?Passe-temps c’est un peu petit entre le cinéma et moi, gagne pain est une expression d’une moindre noblesse entre cinéma et moi. Je préférerai dire que le cinéma c’est un art que je caresse avec l’espoir de le pratiquer avec une certaine habilité.
Nous voulons avoir une idée sur votre filmographie en tant que réalisateur et aussi les films que vous avez produit que vous n’avez pas réalisée.
Même si mon premier scénario avant même le chasseur du vent était une fiction, ma petite filmographie est quant à elle composée essentiellement de documentaires...

REALISATEUR
LE CHASSEUR DU VENT (Tchikama de Zinder)
LE PRIX D’UN PLAT
UN AFRICAIN A ANNECY
LA ROBE DU TEMPS
LA CHEVRE QUI BROUTE (Corruption)
TERMIT ARCHE DE NOE
PRODUCTEUR DES FILMS FINIS
POUR LE MEILLEUR ET POUR L’OIGNON de Sani Elh Magori
GATAN YARA de Malah Abdou et Anna Condet
PRODUCTIONS EN COURS
AU PLUS LOINS DANS LE NOIR de Djingarey Maiga
LES AFRICAINS de Sani Elh Magori
DIORI HAMANI d’Omar Kadri Koda
ABDOU MOUMOUNI DIOFFO de Malam Saguirou
………

Le métier de producteur au Niger est-il facile ? Puisque nous savons que le Ministère de la culture n’accorde pas grand-chose aux artistes. Le fond d’aide même cette année fait 25millions de FCFA. Comment arrivez-vous à produire des films dans le contexte difficile du Niger ?D’abord il faut dire qu’il ya un vrai problème de sensibilisation de tout côté. Il faut naturellement que le Niger à travers son ministère chargé de la culture appui assez fortement la production et cela de plusieurs façons : Financièrement, fiscalement, mais aussi en intégrant la culture en général et le cinéma en particulier dans les points d’accords de coopération du Niger avec ces partenaires économiques et financiers. Notre problème est de considérer la culture comme un folklore folklorisant au lieu de la présenter comme un atout pour nous présenter en face du monde et d’apporter par la même occasion un plus au concert des cultures du monde. Et cela mes amis ça s’achète et on peut le vendre. Car les nigériens qui font des films qui s’exportent ou même qui sont vu au Niger, présentent le pays aux yeux du monde à l’interne comme l’externe. Le jour où nous arriveront à créer une économie autour de la vente de ces films c’est une valeur ajoutée à l’économie nationale. N’oublions pas qu’il ya des pays qui sont parvenus d’une façon démonstrative.

Y’a-t-il des films que vous avez coproduits avec des producteurs non nigériens ? Quels sont-ils ?Oui nous avons tissé des relations de coproduction internationales avec des boites de production étrangères. Des films tels que LA ROBE DU TEMPS ou encore POUR LE MEILLEUR ET POUR L’OIGNON sont des exemples de coproduction avec la France. Actuellement nous sommes en coproduction ou nous allons rentrer en coproductions avec des boites des pays comme la France l’Allemagne, le Nigéria et les USA
En tant que réalisateur et producteur, comment voyez-vous l’avenir du cinéma nigérien ? Est-il promoteur ?
Vous savez je peux dire que je suis peut être le plus vieux de la jeune génération des cinéastes du Niger. J’avais espoir au moment où c’était difficile de croiser des gens avec lesquels je partage la même folie. Aujourd’hui c’est merveilleux de nous voir tous jeunes et anciens à nous mêler et nous entremêler pour porter à l’écran, des histoires du Niger ou des histoires penser ou ‘’architecter’’ par les nigériens ou au Niger. Yes we can.



Pour la première fois, le Niger se dote d’un Centre National de la Cinématographie, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà commencé à travailler avec ce centre ?C’est aussi une expression d’espoir. Le Centre du cinéma même si dans la forme actuelle de ses textes il est plus ‘’cinematicide’’ qu’aide ; je tiens à apporter tout mon soutien en pensant que nous allons parvenir à adapter les textes au contexte qui est le notre. Je n’ai aucun doute quant à la pertinence et même à la nécessité de cette initiative. En tant que responsable de notre association je peux vous dire que les relations pour le moment sont prometteuses avec le centre.

Si vous êtes nommé Ministre en charge de la culture, qu’est-ce que vous allez entreprendre pour redynamiser le cinéma nigérien ?Ca c’est de la politique à dix francs. Savez-vous comment les politiciens se tuent à chercher le pouvoir ? Pourquoi vont-ils le donner sur un coup de tête à quelqu’un qui, en plus, n’a rien à voir ? Soyons sérieux. Je souhaite simplement que le ministre que nous aurons sera un véritable ministre de la culture et non un distributeur des marchés publics. C’est fréquent malheureusement dans notre administration en général sans faire allusion sur l’honneur à qui que ce soit.

jeudi 24 mars 2011

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